"Sauvez-le, lui !" : Le sacrifice ultime de Jeanne Beretta Molla, la sainte qui a choisi la vie
C’était en 1961. La médecine lui offrait un choix brutal : sa vie ou celle de son enfant. Face à ce dilemme qui aurait tourmenté bien des consciences, Jeanne Beretta Molla n’a pas hésité une seconde.
À une époque où les nouvelles techniques médicales commençaient déjà à remettre en question le caractère sacré de la vie, cette femme moderne — médecin, épouse épanouie et mère de famille — a posé un acte d’une radicalité absolue. Elle en est devenue un repère lumineux et un témoignage incontestable sur le choix de la vie.
Voici l’histoire d’une sainte qui n’a pas seulement soigné des corps, mais qui a signé l’Évangile de la Vie avec son propre sang.
Une vocation : Voir le Christ dans chaque malade
Née en 1922 en Lombardie dans une famille profondément catholique, Jeanne (Gianna) grandit avec une certitude ancrée au cœur : la vie est un don merveilleux de Dieu.
Cette conviction ne reste pas théorique, bientôt elle la met en pratique dans la médecine. Diplômée en médecine et chirurgie à l’Université de Pavie, elle ouvre son cabinet à Mesero et se spécialise en pédiatrie. Pour Jeanne, la médecine n’est pas un métier, c’est une mission.
Sa vision du soin est prophétique. Bien avant les encycliques modernes, elle pratique une médecine “intégrale” : on ne soigne pas seulement un organe, on prend soin d’une âme. Elle confiait cette vision bouleversante :
« Nous, médecins, nous travaillons directement sur l’homme lui-même… Le grand mystère de l’homme, c’est Jésus : « Celui qui visite un malade, c’est moi qu’il aide », dit Jésus… Comme le prêtre peut toucher Jésus, ainsi nous touchons Jésus dans le corps de nos malades. »
Pour elle, la relation avec le malade ne se limite pas au stéthoscope et aux médicaments. Elle répétait souvent : « Notre mission n’est pas achevée lorsque les médicaments ne servent plus ; il faut porter l’âme à Dieu. »
Une femme moderne et amoureuse
Loin de l’image d’une sainte austère, Jeanne croque la vie à pleines dents. Le 24 septembre 1955, elle épouse l’ingénieur Pietro Molla. C’est un mariage d’amour et de foi.
Dans ses lettres à son fiancé, elle dévoile son cœur : « Je désire fonder avec toi une famille riche d’enfants comme avait été celle dans laquelle je suis née et où j’ai grandi. » Le couple aura rapidement trois enfants : Pierluigi, Mariolina et Laura. Pour Jeanne, la maternité n’est pas un frein à sa carrière, mais l’accomplissement de sa vocation de femme chrétienne.
L’Été 1961 : Le choix héroïque
C’est alors qu’elle attend son quatrième enfant que le drame survient. Les médecins découvrent un fibrome à l’utérus. La tumeur menace sa vie. La science de l’époque lui propose une solution « sûre » pour elle : une opération qui aurait de grands risques d’entraîner la mort du bébé.
Médecin elle-même, Jeanne connaît parfaitement ces risques. Elle sait que garder l’enfant, c’est mettre sa propre vie en danger. Pourtant, sa réponse au chirurgien est sans appel :
« Professeur, je ne le permettrai jamais ! C’est un péché de tuer dans le sein de la mère. »
Quelques jours avant l’accouchement, elle donne cette consigne terrible et sublime à son équipe médicale :
« Si vous devez décider entre moi et l’enfant, n’hésitez pas, choisissez — et je l’exige — l’enfant. Sauvez-le. »
Le 21 avril 1962, la petite Gianna Emmanuela vient au monde, saine et sauve. Sept jours plus tard, après une terrible agonie due à une péritonite septique, Jeanne Beretta Molla rendit son âme à Dieu en murmurant : « Jésus, je t’aime. Jésus, je t’aime… ». Elle avait 39 ans.
Pourquoi l’exemple de Jeanne Beretta Molla est-il parlant aujourd’hui ?
Son mari, Pietro, dira plus tard que ce geste était enracinée dans des convictions profondes : « La décision de Gianna d’offrir sa vie pour sauver celle de son enfant a des racines très profondes… et dans l’héroïsme de son amour maternel et de sa pleine conviction que le droit à la vie de l’enfant à naître est sacré. » On peut aussi ajouter qu’il est l’aboutissement d’une sainteté construite pas à pas dans l’obscurité du quotidien.
Jean-Paul II la canonisa en 2004, faisant d’elle la sainte patronne des mères de famille, des médecins et des enfants à naître.
Dans un monde qui oppose souvent la réalisation de la femme à la maternité, ou la santé à la vie de l’enfant à naître, Jeanne Beretta Molla nous rappelle trois vérités fondamentales :
- La dignité de l’enfant à naître est absolue : Il n’est jamais un “objet” dont on dispose, mais une personne à aimer.
- L’amour vrai est fondé sur le don de soi : Comme le Christ, elle a donné sa vie pour ceux qu’elle aimait.
- La radicalité de l’amour : On ne peut pas être chrétien “à moitié”. Sa foi a dicté sa pratique médicale et ses choix de mère.
Comme elle le disait si bien : « Le seul fait de bien parler n’entraîne pas ; mais montrer l’exemple, oui. Rendre la vérité visible dans sa personne même ; rendre la vérité aimable en s’offrant soi-même comme un exemple attirant, et si possible héroïque…»
Elle poursuit sa mission au Ciel
Sa mission ne s’est pas arrêtée le jour de sa mort, bien au contraire. L’Église a reconnu la sainteté de Jeanne Beretta Molla après deux miracles scientifiquement inexplicables, qui sont de véritable clins d’yeux à sa vocation de médecin et de mère.
Le plus bouleversant est peut-être celui qui a ouvert la voie à sa canonisation. En 2000, au Brésil, Elisabete Comparini est enceinte de 16 semaines lorsqu’elle perd la totalité de son liquide amniotique. Les médecins conseillent l’avortement thérapeutique car les risques d’infection sont très élevés, tant pour l’enfant que pour la mère.
Mais Elisabete refuse. Inspirée par l’exemple de Jeanne, elle prie la bienheureuse avec ferveur. Ce qui suit défie les lois de la médecine : le fœtus a continué de se développer et de vivre dans l’utérus maternel sans liquide amniotique. La petite Gianna Maria est née par césarienne, en parfaite santé. Les médecins ont reconnu le caractère inexplicable de cette naissance en bonne santé.
N’hésitons pas à solliciter cette puissante avocate au Ciel pour toutes les grossesses difficiles et les cas « désespérés ».
Prière à Sainte Jeanne Beretta Molla
Sainte Jeanne, toi qui as choisi radicalement la vie en préférant la vie de ton enfant à la tienne, intercède pour toutes les mères en difficulté, particulièrement celles confrontées à l’IVG, éclaire la conscience des médecins et protège chaque vie humaine dès sa conception.
Amen.