La Vie : une bonne nouvelle qui nous engage
Face à la banalisation de l’avortement, aux évolutions bioéthiques complexes ou au débat sur l’euthanasie, le découragement peut nous guetter. Pourtant notre point de départ n’est pas la noirceur du monde, mais la lumière de l’Évangile. Nous sommes dépositaires d’une vérité fondamentale et joyeuse : chaque vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, est un don sacré de Dieu. Contre la tentation de la résignation, notre foi nous invite à une espérance radicale et active.
Les chiffres sont là pour nous rappeler l’urgence : près de 250 000 avortements pratiqués en France en 2024, un nombre de naissances en érosion continue, le vote de la loi sur l’euthanasie. Notre société semble avoir basculé dans la « culture de mort » théorisée par saint Jean-Paul II. Mais baisser les bras n’est pas une option, car nous savons qu’« en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » (Rm 8, 37).
Le rôle déterminant des chrétiens
L’appel à défendre la vie est universel : toute personne de bonne volonté peut comprendre, par la seule lumière de la raison, la dignité inconditionnelle de toute vie humaine. Il n’est pas nécessaire d’avoir la foi pour vouloir respecter la vie. Mais dans ce combat, le rôle des chrétiens est déterminant.
L’histoire nous le rappelle : à l’image des premiers chrétiens qui furent les seuls à s’élever contre l’abandon des enfants et l’infanticide dans la Rome antique, les croyants sont aujourd’hui souvent les dernières voix à s’élever contre la culture de mort. Si les chrétiens restent silencieux, les pierres crieront. Agissons — non par obligation, mais par amour de la Vie.
Dès 1995, Jean-Paul II écrivait dans Evangelium Vitae :
« La tâche d’accueillir et de servir la vie concerne tout le monde et doit se manifester surtout à l’égard de la vie qui se trouve dans des conditions de plus grande faiblesse. » (§43)
Et dans le Deutéronome retentit cet appel qui traverse les siècles :
« Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance. » (Dt 30, 19)
Les bons et les bonnes samaritaines : accompagner les plus fragiles
La parabole de l’Evangile sur le bon samaritain (Luc 10, 25-37) nous parle d’une intervention simple d’un passant qui est sur une route et qui aide son prochain blessé. Relever celui ou celle qui est cabossé est aussi à notre portée. Il n’est pas nécessaire d’avoir une mission particulière. Le bon samaritain prend une initiative : porter secours par la parole et par les actes. C’est aussi à notre portée.
Aujourd’hui, ce sont souvent des femmes qui incarnent ce geste, les bonnes samaritaines qui accompagnent d’autres femmes en détresse face à une grossesse imprévue. Écoutantes bénévoles, amies, voisines, soignantes : elles offrent ce que presque personne ne propose plus, une écoute sans jugement, un espace où la femme peut chercher sa propre liberté, et un accompagnement concret pour que la grossesse puisse être menée à terme dans la dignité.
Aider une femme à ne pas recourir à l’avortement est un acte éminent de charité. C’est une œuvre de miséricorde corporelle pour l’enfant à naître, et une œuvre de miséricorde spirituelle envers la mère, lui rappeler qu’elle seule doit prendre cette décision, et qu’elle n’est pas seule pour la vivre.
Une proportion importante de femmes qui avortent le font sous pression : conjoint, famille, entourage. Remettre une femme face à sa liberté, c’est déjà un acte de résistance à la culture de mort.
Tous serviteurs de la Vie.
L’engagement pour la vie s’étend à tous les visages de la vulnérabilité humaine. Ce sont les bénévoles qui visitent régulièrement une personne âgée isolée dans un EHPAD, lui offrant simplement une présence et une écoute dans les dernières années de sa vie. Ce sont les soignants et les accompagnants en soins palliatifs qui choisissent chaque jour de tenir la main plutôt que d’abréger, de soulager la douleur plutôt que de supprimer celui qui souffre. Ce sont les familles qui accueillent un enfant handicapé sans chercher à le faire entrer dans une norme, les proches qui refusent de signer une sédation profonde sans avoir épuisé toutes les autres options.
Dans tous ces visages, c’est le même combat : affirmer, par des actes concrets et quotidiens, que toute vie mérite d’être accompagnée jusqu’à son terme naturel, non par résignation, mais par amour. Car servir la vie des plus fragiles, c’est toujours, d’une façon ou d’une autre, faire reculer la culture de mort.
Une parole de vérité
Sur les sites officiels du Ministère de la Santé, on ne trouve aucune mise en garde sur l’avortement, on y parle d’« expulsion de l’œuf » alors que le terme médical approprié est embryon ou fœtus. On tranquillise la femme de façon anormale, en taisant des informations scientifiques au motif de ne pas « culpabiliser ». Une parole de vérité, dite avec amour, est déjà un acte dissuasif. Il faut dire aux femmes que l’avortement est un acte brutal, beaucoup de témoignages parlent de douleurs violentes, de séquelles physiques et psychologiques durables. La parole n’est pas libre sur ce sujet en France. Avant l’IVG, les femmes ont peur d’échanger. Après, elles n’osent souvent pas dire qu’elles souffrent. Une parole vraie, dite avec douceur, peut suffire à changer le cours d’une vie. N’ayez pas peur de la dire.
Comment s’impliquer concrètement ?
Quelle que soit la forme que prend votre engagement, voici quelques pistes concrètes pour commencer.
1. Témoigner avec douceur et vérité
- Apprendre à parler de la beauté de la vie dans les discussions, en famille, entre amis ou avec ses collègues de travail, avec bienveillance et clarté.
- Être un témoin crédible par son attitude, sa joie et sa paix intérieure.
- Venir témoigner d’une situation vécue de près ou de loin en lien avec la dignité humaine, en podcast et sur nos réseaux sociaux.
2. Soutenir concrètement
- Aider directement une femme enceinte en difficulté que vous connaissez dans votre entourage, offrir une écoute, un logement, une aide matérielle. Ne pas attendre une “mission” ou une permission. Aider son prochain comme le fait le Bon Samaritain (Lc 10, 33-35) est à la portée de tous. C’est une œuvre de miséricorde par excellence.
- Connaître et soutenir des associations d’aide aux mères enceintes ou de promotion de la vie en particulier celles qui proposent un accompagnement actif et concret.
3. Participer à des actions publiques et le promouvoir
- Marches pour la Vie, veillées de prière, conférences, sensibilisations locales.
- Être présent, paisiblement, pour rappeler que toute vie mérite d’être accueillie.
4. Partager des ressources qui informent sur la dignité de toute vie :
- Documents d’information et d’approfondissement à présenter à des prêtres, des journalistes, des élus, des écoles, des groupes de jeunes, etc…
5. Etre actif sur les réseaux sociaux
- Partager un article qui vous a touché, commenter, relayer — chaque partage atteint des personnes qui ne viendraient pas spontanément chercher ces contenus.
Urgence — Vous connaissez une femme face à un projet d’avortement ?
Elle peut se faire accompagner. Il y a souvent urgence, les délais sont courts. Contactez le 01 30 88 82 23