La conversion d’une avorteuse : le témoignage de Kathi Aultman sur son chemin de rédemption et de pardon.
Crédit photo : Live Action News
Lors de la Marche pour la Vie 2026 à Washington, une silhouette familière pour les catholiques américains, mais peu connue en France, fut aperçue parmi les manifestants : celle du Dr Kathi Aultman. Cette obstétricienne-gynécologue à la retraite n’est pas une militante comme les autres. Elle fut longtemps de l’autre côté du scalpel : ancienne directrice médicale pour le Planned Parenthood (le Planning familial américain, le fer de lance mondial de la promotion de l’avortement), elle pratiqua des milliers d’avortements au début de sa carrière. Comment une gynécologue ayant pratiqué activement et massivement l’avortement se retrouve-t-elle à manifester dans le plus grand événement « pro-vie » de la planète ?
Comme saint Paul, Kathi Aultman a vécu son chemin de Damas, sans lumière foudroyante, ni paroles célestes, mais avec une prise de conscience progressive de la gravité de ce qui se jouait. Ce cheminement se construisit à travers des événements personnels, des rencontres et une réflexion intellectuelle approfondie. Son parcours est celui d’une femme qui déconstruisit, une à une, les certitudes qui l’avaient menée à supprimer des vies. Nous vous proposons ici d’en découvrir les principales étapes. Ce témoignage est un encouragement majeur pour nous tous : l’idéologie de l’avortement n’est pas une fatalité ; les consciences peuvent s’éclairer, évoluer, les personnes peuvent se convertir.
Une adepte de l’idéologie de l’avortement
Pour Kathi Aultman, l’avortement fut d’abord une affaire personnelle et utilitaire. Avant même de commencer ses études de médecine, elle y eut recours, persuadée que sa carrière en dépendait. Elle adhérait alors au coeur du discours ambiant sur l’idéologie de l’avortement qui présente celui-ci comme une liberté fondamentale, tandis que la maternité est vue comme une entrave à la liberté de la femme.
« J’ai tué mon bébé parce que c’était juste avant l’école de médecine, et je pensais que si je n’avortais pas, je ne pourrais pas devenir médecin », (NCR, 2026).
« À l’époque où je suis entrée à l’école de médecine, je croyais que la possibilité de disposer de l’avortement à la demande était un droit des femmes. Je ressentais qu’une femme devait avoir le contrôle de son corps et ne pas être forcée à porter un enfant si elle ne le voulait pas. … Je considérais aussi qu’il était injuste de faire naître des enfants non désirés dans un monde surpeuplé où ils risquaient d’être négligés ou abusés. » (Live Action News, 2019)
Cette vision l’accompagna durant ses premières années de pratique, où elle éprouvait même une forme de fascination morbide pour la technicité de l’acte, notamment lors des procédures avancées : « J’adorais faire des avortements au deuxième trimestre. Plus c’était gros, plus c’était difficile, et plus j’aimais ça ».
Un premier choc : l’expérience de la maternité
Le premier véritable ébranlement survint avec sa propre maternité. En donnant la vie, elle ne put plus ignorer la nature de ce qu’elle détruit au bloc opératoire. En reprenant son travail de médecin avorteur après la naissance, elle n’était plus la même. Trois rencontres faîtes à ce moment le lui révélèrent clairement.
Elle fut tout d’abord confrontée à une femme qui utilisait l’avortement comme un moyen de contraception et qui avait déjà pratiqué plusieurs avortements. Le docteur Kathi Aultman voulut alors refuser de pratiquer cet avortement qu’elle estimait inacceptable, mais ses collègues lui répondirent qu’elle n’avait pas à juger cette femme. Ce à quoi elle répliqua : « Oui, mais c’est moi qui vais tuer ! ».
Une seconde femme avec laquelle elle discutait de l’IVG à venir, lui jeta à la figure : « Je veux juste le tuer ! ». Cette réaction fit réagir Kathi qui pour la première fois réalisa que le fœtus était peut-être humain.
Enfin, une autre femme se présenta à la clinique, elle était contrainte d’avorter, ne pouvant pas se permettre financièrement d’avoir un autre enfant. Cette femme resta effondrée en larmes pendant toute la durée de la procédure.
Ces trois rencontres conduisirent Kathi Aultman à une première prise de conscience : « J’ai réalisé que je ne pouvais pas tuer des bébés juste parce qu’ils n’étaient pas désirés », explique-t-elle. Ces visages rendirent l’insupportable réalité du « choix » impossible à ignorer.
À la même période elle commença à remarquer que le discours officiel sur l’avortement ne tenait pas debout : elle rencontrait des femmes qui étaient détruite par leur avortement et qui devaient être accompagnées sur le plan psychiatrique à cause de cela.
Ébranlée, Kathi Aultman démissionna alors du Planned Parenthood et cessa de pratiquer des avortements. Au même moment, elle se rapprocha de la foi chrétienne et commença à fréquenter une église. Mais sa conversion à la vie n’était pas encore complète. Elle continuait de penser que l’avortement pouvait être nécessaire et conservait des idées « pro-choix », prisonnière de l’idée que la décision appartient à la femme : « Malheureusement, j’étais encore très pro-choix, même après être devenue chrétienne ». Il restait donc des obstacles à sa pleine reconnaissance de la dignité de la vie.
L’élément décisif : le parallèle historique avec la Shoah
Elle-même chrétienne, Kathi Aultman avait d’autres amis qui partageaient sa foi, mais pas ses convictions sur l’avortement. C’est un de ces amis justement qui retourna définitivement son opinion, en lui partageant un article comparant l’avortement à la Shoah. Cette lecture agit comme une révélation brutale :
« Quand j’ai lu cette comparaison entre l’Holocauste et l’avortement, j’ai enfin compris comment ils avaient pu commettre ces actes horribles. Tout comme je ne considérais pas le fœtus comme une personne, eux ne considéraient pas les Juifs, les Tsiganes et les autres comme des personnes. Et si vous ne considérez pas quelqu’un comme un être humain, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. » (Live Action News, 2019)
Cette prise de conscience était ancrée dans son histoire personnelle : son père avait participé en tant que militaire à la libération du premier camp de concentration nazi au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle avait donc entendu des récits de première main sur les atrocités nazies découvertes par les soldats américains. En lisant cet article, elle comprit à la fois comment les nazis avaient pu commettre toutes ces atrocités en déshumanisant les Juifs et les Tsiganes et, de la même manière, comment le système de santé moderne déshumanisait les fœtus et les embryons pour permettre leur avortement.
Une leçon sur le pardon et la miséricorde : « Même ça, Il peut le pardonner ».
Cette révélation provoqua, chez Kathi Aultamn, une grave crise de conscience et de culpabilité :
« C’est à ce moment que j’ai réalisé que j’étais une meurtrière de masse, que j’avais tué tous ces gens. Et c’est là que j’ai complètement changé de vision sur l’avortement. »
Devant la gravité de la faute qu’elle venait de réaliser, il lui fallut du temps et un long cheminement pour être capable de recevoir le pardon de Dieu et de se pardonner elle-même. Elle affirma n’avoir compris le sens de l’expression « pleurer toutes les larmes de son corps », qu’à ce moment là.
Portée par sa foi, elle conclut sur une note de rédemption, tout en gardant conscience de la gravité de son passé : « Nous avons un Dieu clément, il m’a pardonnée et je le sais. Mais je porte toujours ce fardeau, car non seulement j’ai tué les bébés d’autres personnes, mais j’ai avorté, j’ai donc tué mon propre enfant. […] Les femmes ne peuvent pas rester indemnes après avoir tué leur enfant ». (NCR, 2026).
En relisant son parcours, Kathie Aultman chercha à identifier les ressorts qui la conduisirent à évoluer. Parmi ceux-ci, elle en pointe un en particulier :
« Ce qui m’a fait changer d’avis ça ne sont pas des gens qui m’ont crié dessus, ou qui ont essayé de me culpabiliser, mais des gens qui m’aimaient même si j’étais pro-avortement et je les respectais. Ce sont eux qui ont pu me dire : peut-être que tu devrais regarder ça. » (Live Action News, 2019)
Cela nous rappelle que la vérité, pour être reçue, doit être portée par un amour sincère et une bienveillance qui ne juge pas la personne. C’est donc par une charité authentique et patiente, bien plus que par la confrontation, que les cœurs les plus endurcis peuvent s’ouvrir et se laisser transformer.
Oeuvrer pour la vie
Après sa conversion, la Dr Kathi Aultman réorienta radicalement ses compétences médicales vers la défense de la vie. Elle rejoignit le Charlotte Lozier Institute (Un institut de recherches médicales dont la mission est d’éclairer le débat public par des données rigoureuses et des études médicales sur la valeur de la vie humaine) en tant que chercheuse associée, mettant sa crédibilité scientifique au service de la protection de l’enfant à naître. Elle parcourt aujourd’hui les États-Unis pour témoigner devant les instances législatives et lors de grands rassemblements, comme la Marche pour la Vie. Son engagement ne se limite pas à la dénonciation des pratiques de l’industrie de l’avortement ; elle s’investit également dans l’accompagnement des femmes, les aidant à découvrir des alternatives concrètes et à comprendre que la réussite professionnelle n’exige pas le sacrifice de la maternité.
Rétablir la vérité sur l’avortement : le syndrôme post-avortement et les discours féministes radicaux
Kathi Aultman a pris la parole à plusieurs reprises pour dénoncer les mensonges du discours pro-avortement. Elle témoigne ainsi des séquelles profondes que laisse cet acte, tant pour la mère que pour le médecin.
« On dit aux femmes : “C’est la solution de facilité”… Mais on ne perd jamais ces cicatrices. Les femmes ne peuvent pas rester indemnes après avoir tué leur enfant ». (NCR)
« Je viens pour que les gens sachent qu’il existe des médecins pro-vie. L’avortement n’est pas un soin de santé, et nous voulons que les gens comprennent qu’il nuit aux femmes et tue des bébés. C’est nous qui voyons toutes les complications des avortements, tant psychologiques que physiques »
Elle s’efforce également de briser le mythe selon lequel la maternité serait un frein au succès :
« Vous n’avez pas besoin d’avorter pour être une professionnelle et pour réussir… Vous pouvez avoir les deux. »
« Je voudrais que ces gens (qui défendent l’avortement) aient autant de compassion pour les bébés que pour les femmes qui sont dans la situation d’avoir une grossesse non désirée. Les femmes ont des alternatives. Il n’y en a aucune pour les bébés. » (Live Action News, 2019)
Un combat pour la vérité porté par l’espérance
Le Dr Kathi Aultman est la preuve vivante qu’aucune conscience n’est jamais définitivement fermée. Au-delà du témoignage et de l’action militante, son parcours nous rappelle que la victoire de la Vie se gagne d’abord dans le secret des consciences. Prions pour que de nombreux soignants reçoivent la grâce d’une vision renouvelée sur la dignité de la vie dans ses premiers instants, et que la force de la Miséricorde divine vienne guérir et transformer ceux qui œuvrent encore dans l’industrie de l’avortement.
Auteur : la rédaction Au Service de la Vie
Sources :
Les citations de Kathi Aultman sont tirées des différentes interviews qu’elle a donné (en anglais), notamment pour le média américain Live Action News et le NCR.