IVG : Macron chercher à faire avancer l'IVG en Andorre
Les 27 et 28 avril 2026, Emmanuel Macron s’est rendu en Andorre en qualité de co-prince, fonction qu’il partage avec l’évêque catholique d’Urgell, avec l’intention affichée d’aborder “avec franchise” la question de l’avortement. La principauté pyrénéenne est, avec le Vatican, le seul État d’Europe à maintenir une interdiction totale de l’IVG, y compris en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère.
Devant la population andorrane réunie sur la Plaça del Poble, Macron a livré le fond de sa pensée : “De là où je suis, sans préempter vos débats, je souhaite avec affection que ce débat progresse et qu’il permette de répondre à une demande que j’entends.” Une manière diplomatique mais réelle de chercher à faire avancer la cause de l’avortement en Andorre. Car derrière le discours, le message est clair : la France, premier pays au monde à avoir inscrit l’avortement dans sa Constitution en 2024, entend peser sur le destin législatif de la principauté dont elle partage la co-souveraineté.
La situation institutionnelle d’Andorre rend pourtant toute évolution particulièrement délicate : le second co-prince n’est autre que l’évêque catholique d’Urgell, et toute avancée législative nécessite des négociations avec le Saint-Siège. Le chef du gouvernement andorran Xavier Espot Zamora a déclaré espérer une dépénalisation d’ici 2027, sans légalisation.
La situation légale en Andorre
En Andorre, l’avortement est interdit en toutes circonstances, sans aucune exception. Le code pénal andorran prévoit :
- 6 mois de prison pour la femme qui avorte
- 3 ans de prison pour le médecin ou toute personne qui pratique l’avortement
- 5 ans d’interdiction d’exercer pour le professionnel de santé concerné
- Des poursuites pénales également pour tout médecin qui orienterait une patiente vers l’étranger pour avorter
Aucun procès n’a jamais eu lieu à ce jour, mais la loi existe, et son seul maintien constitue un signal fort de protection de la vie à naître.
Andorre n’est pas seule. Dans l’ombre des grands débats européens, plusieurs micro-États continuent de témoigner qu’une autre vision de la vie est possible. Monaco a résisté en novembre 2025 à une tentative de légalisation de l’IVG : malgré un vote favorable du Conseil national, le prince Albert a mis fin au processus législatif, invoquant l’article 9 de la Constitution qui fait du catholicisme la religion d’État. En 2025, le Rocher s’est même doté d’une loi renforçant l’accès aux soins palliatifs, preuve qu’une autre politique de la vie est possible. Le Liechtenstein maintient lui aussi une législation très restrictive. Malte, membre de l’Union européenne, n’a autorisé une forme très limitée d’IVG qu’en 2023, uniquement lorsque la vie de la mère est en danger immédiat, et son Premier ministre a tenu à préciser que cela ne constituait en aucun cas une “passerelle vers l’avortement légal”.
Ces petits États forment ainsi, discrètement mais fermement, un archipel de résistance au cœur d’une Europe qui se ferme peu à peu à la protection de la vie à naître. Prions pour qu’Andorre, Monaco, Malte et le Liechtenstein continuent de résister à cette pression et de proclamer, par leur loi, que toute vie mérite d’être protégée.
À la une
La loi fin de vie revient au Sénat : écrivez à vos sénateurs.
Loi fin de vie : pourquoi est-elle inacceptable ?
Le texte instaurant un « droit à l'aide à mourir » a été adopté deux fois par l'Assemblée nationale. Mais adopté ne veut pas dire acceptable. Tour d'horizon des raisons profondes pour lesquelles cette loi constitue une rupture anthropologique majeure, et pourquoi le combat continue au Sénat en mai 2026.