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Défendre la vie est un « objectif de civilisation » : Léon XIV plaide pour la vie devant les parlementaires espagnols

Mise à jour : 10/06/2026 Temps de lecture : 4 min
Le pape Léon XIV, vêtu de blanc, lève la main droite pour saluer lors de son discours au Parlement espagnol.

Crédit photo : Vatican Media

 

Madrid, 8 juin 2026.

En visite en Espagne dans le cadre de son voyage apostolique (6-12 juin), le pape Léon XIV a adressé un discours majeur aux membres du Parlement réunis au Congrès des députés. Devant les responsables politiques et judiciaires du pays, il a rappelé que la protection de la vie humaine est le fondement de toute société juste. Ce qu’il a dit dépasse largement le cadre du Parlement et de l’Espagne : c’est à tout l’Europe, et particulièrement à la France, qu’il s’adressait, alors que la loi sur la fin de vie est en passe d’être votée d’ici quelques semaines à l’Assemblée nationale.


La question fondamentale préalable au débat politique

Le pape a ouvert son propos par une interrogation. Avant de légiférer sur quelque sujet que ce soit, a-t-il rappelé aux élus, une assemblée se heurte toujours à une question préalable, plus fondamentale que les clivages partisans.

« Au-delà de la légitime diversité des positions, toute tâche législative finit par se confronter à une question décisive : quelle conception de la personne humaine inspire les lois et quel type de société ces lois construisent-elles ? »


Le rôle historique de l’Espagne

Pour y répondre, Léon XIV a puisé dans l’héritage espagnol : de Cervantes à Unamuno, de l’École de Salamanque à Francisco de Vitoria. Tous, à leur manière, ont reconnu dans l’être humain bien plus qu’un élément de l’ordre social ou économique. C’est le rappel fondamental adressé aux parlementaires espagnols : la personne vaut par elle-même, et sa valeur ne se mesure pas à son utilité.

Selon le pape, l’Espagne a su considérer l’être humain « comme une créature ouverte à la vérité, dotée de liberté et animée par une soif d’éternité qu’aucune réalité temporelle ne parvient à éteindre ; en un mot, comme quelqu’un dont la dignité précède toute utilité et au service duquel l’action législative est soumise ».


Une dignité que nul vote ne peut effacer

De cette intuition, le pape tire ce qu’il appelle le « postulat fondamental » de toute société juste. La dignité de la personne ne lui est pas concédée par l’État ; elle ne dépend pas davantage des équilibres politiques du moment. Aucun consensus social, aucune majorité ne saurait à elle seule rendre une loi légitime si elle méconnaît cette dignité.

« Toute société véritablement juste se fonde sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Cette dignité précède toute concession de l’État et ne peut être subordonnée à des consensus sociaux changeants ni aux aléas des majorités du moment. Elle appartient à tout être humain du simple fait qu’il existe, et c’est pourquoi elle doit guider tout ordre juridique positif. La foi chrétienne la proclame à partir de la Révélation ; la raison humaine peut la reconnaître comme une exigence inscrite dans la vérité de l’homme. Lorsque cette conviction reste vivante, le droit devient une protection pour tous et une garantie face à l’imposition d’intérêts et d’agendas particuliers. »


Refuser la culture du rejet

Reprenant la mise en garde du pape François contre la « culture du rejet », Léon XIV a déplacé la question vers ceux qui n’ont pas la force de se défendre. Pour le pape, il est important de le souligner, cette vision n’est pas réservée au prisme religieux, c’est un enjeu qui concerne la civilisation tout entière.

« Sur cette base, il m’appartient aujourd’hui de prononcer une parole sereine et ferme devant ceux qui ont la grave responsabilité d’organiser juridiquement la vie en société. Cette vie en société peut être menacée par la culture du rejet, comme l’a si souvent mis en garde le Pape François. En ce sens, si la vie cesse d’être reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos sociétés peuvent-elles avoir ? »

« Peut-on qualifier de pleinement juste une communauté qui laisse dans l’ombre l’enfant à naître, la personne âgée, le malade, celui qui souffre en silence ou celui qui dépend entièrement des soins d’autrui ? La défense de la vie humaine n’est ni une question partielle ni un intérêt confessionnel : c’est un objectif de civilisation. »

Pour le pape Léon, tous les sujets sont liés. On ne peut pas traiter différemment l’enfant à naître du mourant, du malade ou du démuni.

« Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel, dans toutes les circonstances de son existence. Lorsque cette certitude s’estompe, les plus vulnérables sont les premières victimes et la loi perd son sens le plus profond : servir et protéger chaque personne. »


Lever les yeux pour prendre conscience

En conclusion, Léon XIV a invité les législateurs à « lever les yeux », non pour fuir le réel, mais pour mesurer que chaque décision publique « touche des personnes en chair et en os, en particulier celles qui ont le moins de force pour se faire entendre ». Une loi, a-t-il ajouté, n’atteint sa véritable grandeur que lorsqu’elle peut « se présenter devant la dignité de la personne et sortir de cet examen sans honte ».

Le critère final qu’il a proposé aux élus tient en une phrase :

« La grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à accompagner, protéger et aimer les vies qui traversent la plus grande fragilité. »


Lire le discours dans son intégralité sur le site du Vatican : 

https ://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/giugno/documents/20260608-spagna-parlamento.html

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