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Édito spécial visite du pape : il n’y a pas de paix véritable sans respect de la vie humaine.

Mise à jour : 29/09/2026 Temps de lecture : 3 min
Le pape Léon XIV bénit un bébé présenté par une bénévole lors de son arrivée place de la Concorde à Paris.

Chers frères et sœurs,

Les jours bénis que nous venons de vivre nous laissent dans la joie de tant de grâces reçues. La visite du pape Léon en France a suscité un engouement qui a largement dépassé le cercle des catholiques. Quel bonheur de voir ces foules joyeuses entourer le Souverain Pontife, après ces mois où le respect dû à toute vie humaine a été si malmené. C’est d’abord cette action de grâce que nous voulons partager avec vous.

Mais nous voulons aussi regarder plus finement les messages qu’a voulu nous adresser le Saint-Père au fil de ses interventions. Le pape a prononcé 14 discours et homélies qui, mis bout à bout, dessinent les contours d’un message adressé à la France, mais aussi à l’Europe et au monde. Un fil rouge nous semble se dégager : la paix commence par l’accueil de la vie. Autrement dit : il n’y a pas de paix véritable sans respect de la vie humaine.

Avant même d’atterrir à Paris, Léon XIV expliquait qu’il venait comme disciple du Christ désireux de « proclamer la paix, la paix du Christ ». Pendant quatre jours, il n’a cessé d’en préciser les conditions, en revenant à la manière dont nos sociétés accueillent et protègent la vie humaine, surtout lorsqu’elle est fragile.


Le droit à la vie au fondement de tous les autres

Dès son premier grand discours, à l’Élysée, le pape a posé le principe. Devant les responsables politiques français et le corps diplomatique, il a appelé à « accueillir la vie sans condition » et a réaffirmé avec force que « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ».

En ciblant spécifiquement les « manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée ».

À l’UNESCO, alors qu’il parle précisément de la construction de la paix, il donne un critère fondamental pour juger nos sociétés : l’attention portée aux plus petits et aux plus pauvres. Et il cite en premier lieu « les enfants dans le sein de leur mère », aux côtés des enfants victimes de la guerre, des personnes handicapées, âgées, migrantes ou réfugiées. Tous, explique-t-il, constituent « le véritable critère de vérification de nos prétentions à respecter la dignité humaine ». Puis cette phrase, simple et lumineuse :

« Chaque enfant qui naît apporte de l’espérance. »


À Lourdes, l’épreuve de la fragilité

À Lourdes, cette réflexion prend une dimension particulièrement concrète. Face aux malades et à ceux qui les accompagnent, Léon XIV aborde directement la question de la fin de vie.

Ses paroles sont sans ambiguïté :

« Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »

Puis il rappelle aux soignants le sens de leur vocation : « veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer », avant de demander le développement des soins palliatifs et de la recherche.

Le principe énoncé à Paris trouve ici son application : la valeur d’une vie ne diminue pas avec la maladie, la dépendance ou la souffrance. Une société véritablement pacifique n’élimine pas celui dont la fragilité la dérange ; elle l’entoure, le soigne et l’accompagne.


À Metz, un appel à l’Europe : « Aimez la vie »

C’est peut-être le lundi, à Metz, que tous les fils du voyage se rejoignent. Le pape y prononce un grand discours consacré aux « racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Il parle de guerre, de réconciliation, de Robert Schuman, de l’avenir du continent et de la responsabilité des nouvelles générations.

À la jeunesse européenne, Léon XIV lance : « Aimez la vie à chaque instant, et n’ayez pas peur de l’avenir ! »

Et il ajoute :

« N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle. »

Au terme d’un voyage placé sous le signe de la paix, Léon XIV ne laisse pas seulement à l’Europe un programme diplomatique. Il lui demande de ne plus avoir peur de la vie.


Pour ceux qui ont l’oreille fine et la mémoire longue, le lien tissé entre la paix et le respect de la vie rappelle un autre discours, prononcé il y a près d’un demi-siècle.

C’était en 1979. À Oslo, en recevant le prix Nobel de la paix, Mère Teresa lançait ce cri :

« Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui, c’est l’avortement. »

Et elle posait cette terrible question : si une mère peut tuer son propre enfant, que reste-t-il pour empêcher les hommes de s’entretuer ?

Léon XIV n’a pas utilisé le mot « avortement » au cours de ses principales interventions en France. Mais il déploie la même intuition : de l’enfant à naître au malade en fin de vie, de la personne handicapée à la victime de guerre, une même dignité doit être reconnue et protégée.

Pour Au Service de la Vie, ces paroles ne peuvent rester le simple souvenir d’un voyage réussi. Elles nous donnent une boussole pour les mois qui viennent. Défendre l’enfant à naître, accueillir le handicap, soutenir les familles, accompagner la maladie et refuser que la médecine donne la mort ne sont pas une succession de combats sans lien entre eux. Ils procèdent d’une même conviction : aucune paix durable ne peut se construire sur le rejet des plus fragiles.

Pour que le monde ait la paix, il faut d’abord qu’il accueille la vie.

Les paroles du Saint-Père sont un appel à renouveler, humainement et spirituellement, notre engagement au service de la vie : elles nous appellent, plus particulièrement, à redoubler d’attention et de disponibilité pour accompagner concrètement les femmes en détresse et ne laisser aucune d’entre elles seule face à une grossesse difficile.

Jérôme Stevenson et toute l’équipe d’Au Service de la Vie.

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