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Enceinte avec un conjoint toxique

Mise à jour : 23/04/2026

Pascale accompagne des femmes enceintes en situation de détresse. Aujourd’hui, elle nous raconte l’écoute d’une femme qui avait tout organisé pour fuir la violence de son compagnon. Après des années sous emprise, elle avait minutieusement préparé son départ, mais au moment précis où elle s’apprêtait à franchir le pas, elle découvre qu’elle est enceinte.

Au cœur de la tempête, comment ne pas sombrer ? Comment l’écoute lui a-t-elle permis de ne pas céder à la panique ? Et comment une parole tirée de l’Ancien Testament lui a-t-elle redonné la force de se battre ?

Ce témoignage retrace un chemin difficile, de la peur vers la sécurité, jusqu’à l’obtention d’une aide juridique cruciale pour protéger deux vies : la sienne et celle de son enfant.


Fuir une relation toxique

Une écoute qui m’a particulièrement marquée : celle d’une femme victime de violence conjugale depuis plusieurs années, qui avait tout mis en place pour partir.

Quand elle annonce son départ à son compagnon, cela se passe très mal. Il la frappe. Les policiers arrivent, il s’en prend également à eux, ce qui entraîne sa mise en garde à vue.

Quelques jours avant ces événements elle apprend qu’elle est enceinte. Cette nouvelle bouleverse tous ses projets : elle voulait partir, elle voulait fuir, et cet enfant arrive au milieu de tout cela  et ce n’est pas le moment.


Le grain de sable

Elle me contacte par Messenger, par téléphone, par messages. Elle vient de découvrir sa grossesse alors qu’elle avait planifié son départ pour quelques jours plus tard. Cet enfant n’était pas du tout prévu, elle avait tout organisé depuis des mois pour partir.

À la suite de la garde à vue et des violences, elle est mise en relation avec une association spécialisée dans les violences conjugales ainsi qu’avec une assistante sociale. À ces deux personnes, elle confie sa grossesse. La réponse est unanime : il faut avorter, il faut d’abord partir, ce n’est pas le moment.

Dans nos échanges, je sens pourtant qu’au fond d’elle-même, elle a envie de garder cet enfant, mais qu’elle a très peur. Elle me dit d’ailleurs que l’on ne lui cite que des exemples de femmes victimes de violences conjugales qui n’ont pas gardé leur enfant, précisément parce qu’elles ne voulaient pas conserver de lien avec le père. L’enfant peut en effet rappeler une relation plus que toxique.

Elle me demande alors : « Est-ce que toi, tu as des cas de femmes qui l’ont gardé ? »


La pression à l’IVG

Par le réseau de nos écoutantes, elle a pu échanger avec une ou deux mamans qui avaient fait ce choix. Malgré tout, son avocate lui répète régulièrement que ce serait tellement plus simple de ne pas garder l’enfant.

Un jour, elle me dit : « Écoute Pascale, j’ai pris rendez-vous. Ce sera vendredi prochain. Je me laisse encore le week-end pour réfléchir, mais si lundi tu n’as pas de nouvelles, tu comprendras que ma décision est définitive. »

Le week-end passe. Elle m’avait demandé de ne pas lui envoyer de message, je respecte sa demande. Lundi : pas de nouvelles.


Une citation de l’Ancien Testament pour réfléchir

Je ne sais pas pourquoi, mais je lui envoie cette phrase tirée de l’Ancien Testament, que je trouve particulièrement forte :

« Tu as devant toi la vie et la mort. Choisis la vie et tu vivras. »

Le soir même, elle me répond : « Ta phrase m’a recentrée. » Je n’étais pas tout à fait sûr de comprendre ce qu’elle voulait dire. Je lui écris simplement : « Recentrée ? » Et elle me répond : « Oui, tu as bien compris. Je vais le garder. »


Tout bascule à la dernière seconde

Sauf que le rendez-vous était toujours fixé. La veille, elle revoit son avocate, qui lui dit une nouvelle fois : « Franchement, ce serait beaucoup plus simple si vous avortiez. »

Le vendredi, elle se rend au rendez-vous. Dans la salle d’attente, elle me dit avoir repensé à tout cela. Et cette phrase lui est revenue : « Tu as devant toi la vie et la mort, choisis la vie et tu vivras. »

« Pascale, je me suis levée et je suis partie. »

Quelques semaines plus tard, elle m’écrit : « Mon petit lion, ou ma petite lionne, est bien au chaud dans mon ventre. »


Protéger l’enfant, recommencer une vie

Nos échanges se poursuivent. Il y a eu un jugement, la situation reste compliquée, mais je pense qu’elle va réussir à se détacher de cette emprise et à repartir sur de nouvelles bases.

Son compagnon ne sait pas qu’elle est enceinte, et surtout, il ne doit pas le savoir. C’était précisément sa crainte : qu’il s’en serve pour la reprendre. Son envie c’est de protéger cet enfant. Elle l’a protégé en le gardant, et elle continue sa grossesse.


Les conseils pratiques pour couper les ponts : une femme qui a un conjoint toxique peut-elle cacher sa grossesse afin qu’il ne reconnaisse pas son enfant ?

Ce que je lui avais conseillé, c’est d’accoucher dans un endroit qu’il ne connaît pas, à une date qu’il ne connaîtra pas non plus. Sans le lieu ni la date, une reconnaissance de paternité devient beaucoup plus difficile à établir.

Ensuite, il s’agit de couper définitivement les ponts : partir dans une autre ville, et sans doute sous un autre nom, car cet homme ne supporte pas l’idée qu’elle lui ait échappé. Jusqu’au jugement, il a été très violent : il l’a fait suivre, lui a envoyé des messages de menace, et bien d’autres choses encore.

Nous l’avons mise en contact avec une avocate, gratuitement, qui lui a notamment expliqué ces points juridiques. On ne peut pas laisser quelqu’un dans cette situation sans l’accompagner, c’est une question d’humanité élémentaire.

 

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