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« Je te le donne » : l’adoption sauve une vie

Mise à jour : 18/05/2026

Ghislaine est écoutante pour Au service de la vie. Aujourd’hui, elle nous raconte sa rencontre avec Madeleine, une femme enceinte de 22 semaines, déterminée à braver les interdits pour aller avorter à l’étranger rapidement. Face à cette situation d’urgence, Ghislaine lui indique une autre possibilité : l’accouchement sous le secret. Mais après un échange indécis, Madeleine raccroche brusquement en laissant l’écoutante dans l’incertitude.

Un simple coup de fil peut-il tout faire basculer ? Cette situation de détresse  peut-elle se transformer en un instant de grâce ?

Un témoignage qui révèle le fil invisible de la Providence.


22 semaines de grossesse et une détermination farouche à avorter

Nous sommes à la fin du printemps. Madeleine me téléphone. Elle est à 22 semaines de grossesse. Elle appelle avec un numéro masqué et m’explique qu’elle veut absolument aller avorter en Hollande et souhaiterait avoir des adresses.

Nous prenons le temps de discuter et d’échanger. J’essaie de comprendre ses motivations profondes. Comme elle reste très déterminée, je lui explique que cette démarche d’aller avorter à l’étranger à 22 semaines de grossesse est parfaitement illégale et dangereuse. Je lui cite quelques témoignages de jeunes femmes que nous avons rencontrées, qui en sont revenues et qui m’ont expliqué qu’il y avait la barrière de la langue, qu’elles s’étaient senties très peu considérées, et que par ailleurs elles devaient signer une décharge, et de fait, il est très difficile d’être suivi en gynécologie là-bas.

Elle est très déterminée, elle veut absolument avorter. Je lui parle alors de l’accouchement sous X, dit accouchement dans le secret. Je lui explique que ce petit fœtus, à 22 semaines de grossesse, est très formé, qu’il sera bientôt viable, et que le plus beau cadeau qu’une maman puisse faire à son enfant, c’est de lui donner la vie. Si elle souhaite accoucher sous X, cet enfant sera adopté par une famille qui mettra vraiment tout en œuvre pour l’aimer, l’éduquer, et l’élèvera comme si c’était son propre enfant.

Elle ne répond pas clairement. Je ne comprends pas exactement ce qu’elle souhaite faire. Je lui transmets mon numéro de téléphone, elle ne fait pas de même, et raccroche.

« Le plus beau cadeau qu’une maman puisse faire à son enfant, c’est de lui donner la vie. »


Elle tourne en rond en voiture avec son bébé sanguinolent sur la banquette arrière

Nous arrivons en hiver. Il fait très froid, il pleut. C’est un dimanche soir, il est 22 h. Madeleine me téléphone en me disant : « J’ai accouché dans ma cuisine. Je suis allée aux urgences d’un hôpital mais je n’ai pas eu le courage d’entrer. J’ai fait demi-tour et là je tourne en rond en voiture avec le bébé. »

Je lui demande exactement où elle se trouve. Providentiellement, elle était près d’un hôpital que je connais. Nous nous fixons rendez-vous et je la retrouve sur le parking. Elle me dit :

« Ce bébé, je n’en veux pas, je te le donne. »

Je lui explique que ce n’est pas tout à fait aussi simple, mais que je vais l’aider à aller aux urgences.

Je lui demande où est le bébé. Je m’attendais à avoir un petit couffin, et elle me montre l’arrière de la voiture. J’ouvre la portière et je vois un plaid. J’ouvre le plaid et je vois un petit bébé tout sanguinolent. Elle avait coupé le cordon ombilical avec une paire de ciseaux de cuisine. Et elle me dit : « Je n’en veux pas, je te le donne, tu en fais ce que tu veux. »


Un nouveau-né blotti dans mes bras

Rapidement, je prends le petit bébé dans mes bras, l’hôpital n’était pas loin. Je prie l’Esprit Saint en me disant « mais que vais-je dire en arrivant aux urgences ? ». C’est un moment très très émouvant, parce que je tenais dans les bras un petit qui avait été rescapé d’une mort provoquée. Je le tenais bien chaud contre moi en me disant : « tiens bon, tiens bon. » Et je demandais à l’Esprit Saint : « maintenant, qu’est-ce que je fais ? »

J’arrive aux urgences et je dis : « Accouchement à domicile. » Tout de suite, le bébé est pris en charge, il part en couveuse quelques heures car il avait pris un peu froid. Puis on me demande : « Mais où est la maman ? » La maman ne m’avait pas suivi.

Je ressors de l’hôpital en sollicitant à nouveau l’Esprit Saint : « Que vais-je lui dire pour l’engager à me suivre ? » J’arrive près de Madeleine et je lui dis : « Vous savez, peut-être que le placenta n’a pas été évacué, il faudrait vraiment que vous soyez observée. » Elle me suit. Nous arrivons à l’hôpital. La sage-femme la garde une nuit en observation.

Avant que je parte, Madeleine me dit : « Surtout, surtout, revenez demain. » Je lui dis promis je serai là.


La victoire de la vie

Le matin, j’arrive et je retrouve Madeleine, toute heureuse, qui me dit d’emblée : « Tu vois, je suis heureuse. Mon bébé est en bonne santé et il va trouver une famille, n’est-ce pas ? » Je lui réponds : « Aucun souci. Dans quelques mois, cet enfant aura trouvé une famille. »

Je la rassure et je me dis : c’est vraiment la victoire de la vie sur la mort. Cela rejoint ce que disait Mère Teresa :

« Nous lutterons contre l’avortement par l’adoption. »


Là s’arrête le travail de l’écoutante. Le bébé, en bonne santé a été pris en charge par les services sociaux pour l’adoption.


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