Rester libre face aux pressions à l'IVG
Florence est écoutante bénévole pour le service d’accompagnement de femmes enceintes de Au Service de la Vie. Au fil de ses écoutes, elle accompagne des femmes face à l’une des décisions les plus intimes qui soit et découvre, à chaque fois, combien une parole juste et donnée au bon moment peut tout changer. Elle nous livre ici quelques-unes des rencontres qui l’ont marquées : des femmes bousculées, des choix sous pression et le chemin vers la liberté.
La providence met des personnes sur notre chemin
Dans notre vie, la providence met sur notre chemin des personnes à certains moments pour nous aider dans un moment de difficulté qu’on peut avoir. C’est beau de pouvoir être écoutante et se dire qu’ on est là, mais encore une fois moi je me dis qu’ elles sont là aussi pour nous.
C’est comme deux personnes qui se mettent en contact à un moment donné où il y a quelque chose de très intense qui se vit, un bel échange qui peut avoir lieu, et souvent des moments qui ouvrent leur cœur.
Une jeune fille de 18 ans face à la pression de l’entourage
Là, j’avais une jeune fille, elle a 18 ans et elle me dit : « Mais en fait, tout le monde me dit d’avorter parce que j’ai déjà un enfant de 11 mois et tout le monde me dit que j’y arriverai pas, je dois commencer une formation en septembre, l’entourage, mon compagnon qui m’a quitté, la famille, tout le monde, tout le monde. J’ai personne. »
Le rendez-vous m’avait été pris et je discute un petit peu avec elle et oh, elle me dit :
« Mais qu’est-ce que vos paroles me font du bien ! Mais c’est incroyable, c’est exactement ce que j’avais envie d’entendre. »
Et en fait, c’est comme si on leur disait ce que leur conscience et leur cœur a envie d’entendre. On est juste là, et puis on est juste parce qu’on prie aussi, et on demande aussi à l’Esprit Saint de nous éclairer quand quelqu’un appelle. Moi quand il y a une fille qui vient, je dis : éclaire-moi.
Là, elle a retrouvé ce qu’elle avait déjà en elle. On a discuté quand même quelques heures et depuis ça va bien. Elle me dit : « Ça y est, je sais ce que je veux faire. J’en ai parlé à ma mère, elle sera là pour moi. Je suis bien, je suis soulagée. »
Une cavalière libérée d’une relation d’emprise
Une autre jeune femme, toute jeune, qui est dans un centre équestre et son compagnon lui a fait un chantage. Il y a beaucoup de pervers narcissiques aujourd’hui. On est confronté vraiment à des profils de femmes qui sont dans une obligation coercitive d’obéir à leur compagnon. C’est vraiment un phénomène récurrent dans beaucoup de relations.
Je les ai mises en relation avec l’association d’aide aux victimes de pervers narcissique afin qu’elle puisse faire un test tout simple pour voir si la personne qu’elle côtoie au quotidien est dans la manipulation vis-à-vis d’elle.
Et là, cette jeune femme du centre équestre me dit : visiblement, j’ai vu que c’était une relation où il y avait une tentative d’emprise de son compagnon. Et donc elle a fait un travail par rapport à ça, une prise de conscience, et là tout d’un coup elle me dit :
« Mais en fait je devais avorter, mais je me rends compte que je pourrais très bien le garder. »
Elle a 20 ans, elle est cavalière, elle monte des chevaux, elle va faire une formation, elle est passionnée par ce qu’elle fait. C’est une fille qui a les pieds sur terre, une fille de la campagne qui est vraiment équilibrée avec ses animaux, qui adore ce qu’elle fait. Et au final, elle va le garder. Elle a coupé court avec son compagnon en lui demandant de partir. Heureusement, ça a pu se faire.
Comme si ce bébé dans leur vie venait aussi pour les libérer. C’est ça qui est extraordinaire.
La grossesse comme reconstruction
Moi, j’ai vu des dénouements extraordinaires grâce à la grossesse, et comment la femme se reconstruit dans la grossesse, comment elle prennent plaisir aussi avec la grossesse. Parce que quand il y a eu un début de grossesse difficile (« je te garde, je te garde pas, qu’est-ce que je fais, j’avorte, j’avorte pas ») crois-moi, parfois c’est vraiment une ambivalence. C’est douloureux pour la femme de ne pas savoir si elle va garder l’enfant ou pas.
Je vois une jeune femme qui s’est énormément reconstruite en prenant des cours de musique de piano, parce qu’elle se rendait compte que le lien avec son bébé. En plus avec un pervers narcissique qui l’avait énormément brutalisée, puisqu’il avait quand même tellement frappé pendant la grossesse d’avant qu’elle avait perdu son bébé. À travers des cours de piano, elle avait l’impression de jouer pour son bébé.
Et c’était vraiment : « Mon bébé, je t’aime, je veux te garder et je chante pour toi et je joue du piano pour toi. » Elle m’a envoyé ses partitions de musique quand elle jouait du piano. Son bébé est né il y a un mois et elle est tellement heureuse, mais pareil, pendant 3 mois, elle a hésité.
Il y a tellement de belles histoires, c’est très beau. Il y a des femmes qui veulent être écoutantes. Je dis : c’est une très très belle aventure. On reçoit énormément.