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Accueillir un enfant porteur de trisomie 21

Mise à jour : 07/07/2026

En 2021, alors enceinte de quatorze semaines, Monick pratique un avortement. Trois ans plus tard, à l’âge de 40 ans, elle tombe de nouveau enceinte. Celle qui n’avait jamais voulu être mère n’a alors qu’une idée en tête : protéger son bébé. Un combat loin d’être gagné d’avance. À quatre mois de grossesse, Monick découvre que son fils est porteur de trisomie 21. C’est le choc. Mais Dieu lui tient la main. Contre l’avis des soignants, de celui de son compagnon et de sa famille, elle fait tout pour protéger cette petite vie innocente qui grandit en elle. Monick a accepté de partager son témoignage à la rédaction d’Au Service de la Vie et nous la remercions pour sa confiance.

En nous livrant son témoignage, elle a eu cette phrase très forte : « Je ne témoigne pas de ma vie, je témoigne de la vie de Dieu en moi. »


Que celui qui n’a jamais péché…

« Tout d’abord, je voudrais dire que je ne veux jeter la pierre à personne. En 2021, j’ai moi-même fait un acte que je regrette énormément jusqu’à ce jour. Cet acte dont je parle, c’est l’avortement. Nous vivons dans une société où le rejet de l’être à naître est extrêmement facile. On ne nous permet pas de réfléchir. C’était un moment de transition pour moi. Je suis kinésithérapeute de formation. En 2021, j’ai perdu mon travail car je n’ai pas accepté de me faire vacciner. J’avais alors une vie très instable avec un compagnon sans travail. Tomber enceinte m’a fait entrer dans une espèce de panique. La première question que le médecin m’a posée, c’est : « Voulez-vous le garder ? » J’ai trouvé ça terrible, parce que j’étais enceinte de 14 semaines. Et pourtant, j’ai dit non.

« Mais cet acte n’est pas anodin ! Personne ne vous le dira, mais il y a des conséquences physiques et psychologiques immenses. »

Depuis, je suis entrée dans un processus de deuil, puis de confession. À l’heure où j’écris ces mots, j’ai nommé mon bébé, j’ai fait célébrer des messes pour lui. Cet enfant qui n’a pas pu naître fera toujours partie de ma famille.


Dieu m’a parlé

J’ai été baptisée à l’âge de huit ans dans l’Église catholique. Mais ce n’est que beaucoup plus tard, à Pâques 2022, que j’ai rencontré Dieu. Ce jour-là, il s’est présenté à moi, il m’a parlé. J’ai reconnu sa voix. Son existence. On peut dire que j’ai fait une véritable expérience de Dieu. Peu à peu, ma soif de la Parole a grandi de manière exponentielle. Et j’ai commencé à comprendre que rien n’allait dans ma vie. Rien. Il fallait changer. Je me suis séparée de l’homme avec lequel je vivais et qui faisait partie d’une secte, et je suis devenue maraîchère dans la campagne lyonnaise. C’était une première étape. Après cela, je suis partie faire du bénévolat dans des monastères pour m’imprégner plus encore des énergies chrétiennes. Sur place, des sœurs et des prêtres m’ont parlé du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. J’avais suffisamment d’argent pour partir un mois. C’était décidé. Mais après trois semaines sur les chemins, j’ai compris que je ne pourrais pas rentrer sans aller au bout. J’étais dépouillée de tout, je n’avais même pas de téléphone portable, mais je voyais Dieu agir dans ma vie. En mai 2023, j’ai donc terminé les chemins et ça a radicalement changé ma vie.

Je suis retournée dans la campagne lyonnaise pour reprendre le maraîchage. Là, j’ai fait la rencontre d’un homme avec lequel j’ai pu nouer une relation saine car j’avais changé ma manière de vivre. Plus jeune, j’avais été abusée par un cousin du même âge, ce qui avait complètement biaisé mes relations avec les hommes. Profondément blessée, j’étais constamment dans la séduction et dans la domination. Mais Dieu m’avait guérie. Ma relation avec Sébastien se passait extrêmement bien, jusqu’en mai 2024. À 40 ans, je suis tombée enceinte de cet homme de 49 ans, qui avait déjà une fille de 16 ans et qui était séparé de sa conjointe. Il m’a tout de suite fait comprendre qu’il ne voulait pas de cet enfant. Sa famille était contre également. Moi, j’étais déjà enceinte de huit semaines. Et dans ma tête, il était hors de question d’arrêter la grossesse. Comme j’avais Dieu dans ma vie, j’étais très sereine. J’ai accepté la séparation. Mais il a fini par changer d’avis et revenir vers nous.


Le choc de la nouvelle 

À quatre mois, j’ai fait une prise de sang et une amniocentèse. J’ai découvert que mon fils était porteur de la trisomie 21. Il faut savoir que je n’ai jamais voulu d’enfant. Ma mère m’a toujours répété qu’être mère était une privation de liberté et j’étais d’accord avec cela. Quand j’ai appris le diagnostic, j’étais effondrée. Très en colère contre Dieu. Le lendemain, je devais aller à Lyon pour un rendez-vous important. Ce rendez-vous m’a permis d’arrêter de pleurer et de sortir de la pièce noire dans laquelle je m’étais enfermée. Sur le trajet, je me suis arrêtée dans une petite église. Il y avait l’Adoration, et j’ai senti le besoin de me confesser. En pleurs, j’ai tout raconté au prêtre. À la fin, il m’a donné son numéro de portable et m’a proposé de l’appeler en cas de besoin. On a commencé à se voir trois ou quatre fois par semaine. C’est lui qui m’a empêchée de sombrer. J’avais besoin de lui pour me confirmer ce que j’entendais de la part de Dieu.


Seule contre tous

« À cette époque-là, j’ai vu l’importance de s’accrocher vraiment à Dieu. »

La persécution a été très violente. Seule ma famille me soutenait, mais elle vivait en Guyane française, bien loin de moi. Mon compagnon, sa famille, sa fille, son ex-femme, tous étaient très perturbés et très violents dans leurs propos. On m’a répété que j’étais égoïste, que je n’allais plus avoir de vie, que je n’avais pas le droit d’imposer cette vie à cet enfant. Perdre ma liberté était ma plus grande peur, mais je priais tellement, que tout ce qu’on me disait n’avait aucun impact sur moi. J’avais même de la compassion pour eux. Avec le père de mon enfant, on s’est de nouveau séparés. Il disait qu’il ne pouvait pas avoir cet enfant. Je le comprenais, mais je n’ai jamais changé d’avis, même quand une infirmière m’a dit que je pouvais avorter jusqu’au dernier moment. À chaque fois que je voyais un professionnel, il fallait toujours que je confirme que je voulais garder mon enfant. Le combat s’est poursuivi jusqu’à la dernière minute.

Pour être moins seule, j’ai décidé de partir en Guyane française, près de ma famille. Mais deux mois avant l’accouchement, j’ai dû être hospitalisée car le bébé était emmêlé dans son cordon. Là, à l’hôpital, un médecin m’a fait comprendre que je prenais la place d’une autre femme qui attendait un enfant normal. C’était un samedi. J’ai beaucoup prié Dieu. Je lui ai dit : « Seigneur, si lundi ce médecin est encore là, je partirai ; mais si c’en est un autre, alors je resterai. » Le lundi, le médecin était une femme qui, j’allais le découvrir, était, elle aussi, très liée à Dieu. Je suis restée à l’hôpital, et je peux vous assurer que Dieu était partout. L’ambiance était extraordinaire et encore aujourd’hui je revois du personnel hospitalier. Le 5 janvier 2025, on a dû déclencher l’accouchement, et Samuel est né par césarienne d’urgence. Le hasard fait que le papa de mon bébé était en Guyane à ce moment-là. C’est lui qui l’a pris en premier dans ses bras. Et tout a changé. En avril, ses grands-parents paternels sont venus le voir. En janvier dernier, le papa de Samuel est revenu pour son baptême célébré par le cardinal Barbarin.


Dieu seul veut notre bien

Aujourd’hui, je me sens épanouie d’être maman, alors que je ne pensais pas que la maternité était faite pour moi. Je rends grâce à Dieu de m’avoir donné Samuel. Je me sens bien, je l’amène partout et notamment à la messe chaque jour. Bien que je n’aie plus besoin d’appartenir au monde, il m’arrive de témoigner, comme aujourd’hui. Je suis allée avec Samuel à Paray-le-Monial et à Medjugorje. Et beaucoup de gens m’ont affirmé avoir été touchés par notre histoire. Je me rappelle ce gynécologue à la retraite qui m’a remerciée pour mon fils en pleurant. Et d’une autre femme, enceinte d’un enfant probablement atteint de trisomie, qui m’a expliqué que je lui avais donné le courage d’avancer.

En janvier prochain, je rentre en métropole. Avec le papa de Samuel, nous parlons de mariage. Je ne lui ai jamais rien demandé. Je lui ai même parlé d’abstinence alors que je savais que je risquais de le perdre encore.

« Depuis que j’ai rencontré Dieu, je suis très sûre de moi, mais cette assurance n’est pas la mienne. La force de Dieu est incroyable. »

C’est comme si ma vie toute tordue avait été alignée, non pas avec le monde, mais avec lui. Dieu sait ce qui est bon pour nous. Le monde ne veut pas notre bien. Il nous encourage à faire du mal à ce qu’il y a de plus sacré sur Terre : les enfants. Seul Dieu veut notre bien. Sans lui, on ne peut rien. »

 

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